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Miam - Barre chocolatée au quinoa

Plan Miam Miam du vendredi :
Suite au vote qui s'est tenu la semaine dernière, voici une sympathique recette de 
Barre chocolatée au quinoa 
à tester ce week-end : vous pourrez la proposer à toute la famille... et à Bébé à partir de 12 mois*...

Belle moustache de chocolat et doigts à lécher garantis !!


*si l'enfant est à l'aise avec les morceaux ET si tout risque d'allergie est écarté (voir ci-dessous Infos Nutrition Bébé)



Ingrédients :
- 90 g de chocolat noir à pâtisser (60 à 70% de cacao)
- 120 g de quinoa cuit (voir ici la méthode infaillible pour le cuire sans surveillance en grande quantité, le stocker plusieursjours et l'utiliser dans plein de recettes différentes)



Ustensiles :  - un petit bol, une petite casserole, le 1er devant tenir dans la 2ème pour faire fondre le chocolat au bain-marie
- en guise de moules : soit une petite briquette en carton, vide (voir photo : briquette de crème Elle&Vire), soit des petits cercles métalliques ou tout autre moule sans
fond de type emporte-pièce (voir photo) : dans ce dernier cas prévoir une plaque et du papier cuisson pour poser les moules


Préparation :

  • Etape 1 : Préparer les moules.
Pour les cercles métalliques ou autres emporte-pièce : enduire les surfaces intérieures d'huile neutre pour faciliter le démoulage.
Pour la brique en carton : à l'aide d'un cutter, couper la brique longitudinalement afin d'obtenir deux coques. Laver et sécher soigneusement.

  • Etape 2 : Faire fondre et tempérer le chocolat
Remplir un petit bol avec le chocolat cassé en petits morceaux.
Faire bouillir un fond d'eau dans une casserole (mi-hauteur par rapport au bol dédié à la fonte du chocolat). Couper le feu, placer le bol de chocolat à l'intérieur. En quelques minutes, les morceaux de chocolat auront presque fondu. 
Touiller jusqu'à homogénéisation : les morceaux restants se fondront dans la masse. Il est important de ne pas trop chauffer le chocolat (on doit pouvoir le toucher sans se brûler) ; c'est pour cela que je conseille de couper le feu sous la casserole.
L'idéal à ce stade est de tempérer le chocolat, càd le refroidir légèrement, puis le re-réchauffer : cela permet d'obtenir in fine un chocolat brillant et craquant, au lieu d'un chocolat terne et auréolé de tâches blanches. Pour un tempérage maison facile : immerger le bol une ou deux minutes dans un bain-marie d'eau froide (l'eau du robinet) tout en remuant, puis le ré-immerger dans la casserole d'eau qu'on aura en parallèle remise à bouillir (couper à nouveau le feu).
Le chocolat est prêt à l'emploi : gardez-le immergé dans l'eau chaude afin de le maintenir à température.


  • Etape 3 : Tapisser le fond des moules de chocolat fondu
Verser un peu de chocolat fondu dans les demi-briquettes et répartir sur tout le fond en les inclinant de tous côtés. Pour les emporte-pièces disposés sur papier cuisson, aidez-vous du plat d'une cuillère pour étaler le chocolat.
Dans tous les cas, l'épaisseur du fond de chocolat ne doit pas dépasser les 2 mm sinon c'est un peu écoeurant. 
Mettre les moules au frigo pour accélérer la prise du chocolat.

  • Etape 4 : Remplir les moules du mélange chocolat - quinoa et laisser prendre !
Verser le quinoa cuit dans le reste du chocolat, qui, maintenu au chaud, doit être encore bien liquide, et mélanger jusqu'à ce que le quinoa soit bien enrobé.
Transférer le mélange dans les moules (le fond de chocolat doit être pris), et presser légèrement pour lisser la surface.
Et hop ! au frigo.
Nota bene : Le quinoa peut être remplacé par du riz soufflé, ça marche aussi ! C'est plus léger et plus aérien.

  • Etape 5 : Démouler, déguster
Compter au moins une heure pour une bonne prise - mais vous pouvez démouler le lendemain si ça vous chante.
Les barres chocolatées en brique se démoulent super facilement en dépliant les "oreilles" de la briquette, comme sur la photo.
Pour la version en emporte-pièce, démouler délicatement en pressant côté quinoa pour pousser vers l'extérieur.
A déguster de suite... ou stocker au frigo : les barres chocolatées au quinoa peuvent se conserver plusieurs jours sans problème !


Infos Nutrition Bébé :
- Le chocolat contient souvent de la lécithine de soja (qui est un émulsifiant et améliore donc la texture du chocolat) et peut comporter des traces d'autres allergènes : gluten, fruits à coque... Avant de l'introduire dans l'alimentation de bébé, s'assurer que l'enfant n'est pas disposé à ce genre d'allergie en en discutant avec votre médecin.

- Le chocolat est riche en sucre et en matière grasse, c'est un aliment très énergétique : qu'on soit petit ou grand, il importe donc de le consommer en petite quantité, comme un "aliment plaisir" qu'on déguste en toute modération (n'est-ce pas les gourmand(e)s).

- Privilégier le chocolat noir, nettement moins sucré et moins gras, et plus riche en nutriments santé (fer, phosphore, magnésium, potassium, polyphénols ...). Plus amer, il est aussi moins addictif, et permet à Bébé d'explorer de nouvelles saveurs : apprivoiser la saveur amère dans une forme sucrée comme le chocolat peut s'avérer plus facile que dans une forme salée (épinard, brocoli...).
A noter que le chocolat blanc ne comporte pas de cacao, seulement du beurre de cacao (et du lait et du sucre...) : il n'a donc pas d'intérêt nutritionnel. Mieux vaut donc éviter d'y familiariser son bébé, afin de retarder une appétence assez contre-productive !!

- Une fois le risque d'allergie écarté, il n'y a pas de contre-indication à l'introduire dans l'alimentation de bébé sous une forme adaptée à son âge : dans un premier temps, dans des crèmes desserts maison (fondu dans une préparation de crème de riz par exemple, ou dans un lait chocolaté), puis râpé ou dans un gâteau.
A noter que si les desserts au chocolat sont souvent présentés comme accessibles aux enfants à partir de 18 mois ou 2 ans, ce n'est pas à cause de la présence de chocolat, mais de celle de l'oeuf cru ! Le jaune d'oeuf cru ou les blancs en neige, présents dans la mousse au chocolat par exemple, ne sont pas assainis par la cuisson, c'est pourquoi on ne les propose pas aux bébés dont l'estomac est plus vulnérable aux bactéries susceptibles d'être présentes dans l'oeuf cru.

Rédigé le  11 mars 2016 11:51  -  Lien permanent
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Les mille et une couleurs du Quinoa...


Ca m’a donné envie de ressortir mes p’tites graines du placard et de tester le mode de cuisson futé préconisé par l’invité : la cuisson au four, à la place de la cuisson par évaporation. Futé car la cuisson au four présente quand même un sacré gros avantage :

pas besoin d’avoir le nez dessus pour vérifier le niveau d’évaporation

=

pas de casserole à récurer si par malheur ça a attaché.

CQFD .

Mais commençons par le début :

Qu’est-ce que le quinoa ?

C’est une graine qui nous vient d’ailleurs, mais que de téméraires agriculteurs ont décidé de faire aussi pousser en France.

  • Une graine… mais pas une céréale: on dit du quinoa que c’est une «pseudo-céréale». De fait le quinoa est une plante herbacée de la famille des chénopodiacées (la famille des blettes, des betteraves et des épinards), et elle n’a pas du tout le même profil nutritionnel que les autres céréales.
  • Une graine d’ailleurs: car son terroir de prédilection se situe historiquement (et depuis plus de 5000 ans!) sur les Hauts Plateaux d’Amérique du Sud. Le Pérou et la Bolivie assurent d'ailleurs à eux seuls la quasi totalité de la production mondiale de quinoa.
  • Mais c’est une graine qui pousse aussi en France ! Un américain a introduit la culture du quinoa en Anjou en 2008 ; aujourd’hui on dénombrerait une centaine de producteurs en France. Néanmoins la commercialisation reste confidentielle: il n’y a guère qu’ici que j’aie trouvé les produits, et c’est par lots de près de 6 kg!!
Avis à ceux d’entre vous soucieux de limiter l’empreinte carbone de votre alimentation : pensez aux commandes groupées :)
Par contre on ne peut pas tout avoir : si le quinoa d’Amérique du Sud est généralement bio, celui d’Anjou ne l’est pas!!

Pourquoi c’est bon le quinoa ?

1) C'est bon d'un point de vue nutritionnel :

  • le quinoa est riche en protéine (15 à 18% pour les graines non cuites, versus 25 - 30% pour la viande), et qui plus est, en acides aminés essentiels, c’est-à-dire des protéines que l’organisme ne peut produire et que nous avons donc besoin de trouver dans notre alimentation. La teneur en protéine du quinoa en fait un parfait substitut à la viande, plus particulièrement pour les tout petits car une ration bébé de quinoa (120g) apporte grosso modo autant de protéine qu’une ration de viande (20 à 30g)!
  • pour autant le quinoa ne comporte pas de gluten : et c'est là un autre de ses atouts pour les tout petits intolérants ou allergiques.
  • le quinoa est également riche en fer, et ça tombe bien car c’est la seule vraie carence que connaissent chroniquement nos bébés français (30% des bébés!). Pensez à accompagner le quinoa de sources de vitamines C (jus de citron, jus d’orange par exemple) : cela améliore le coefficient d’absorption du fer par l’organisme (c'est important car on absorbe naturellement mieux le fer des viandes / poissons que celui des végétaux).
  • Et en plus le quinoa est super digeste ! Il a tout bon, le quinoa.

2) D’un point de vue purement sensoriel, le quinoa présente d’autres atouts:

  • son goût est original, suave, doux et délicat, rappelant la noisette ou l’amande fraîche. Si en outre on le fait revenir dans un peu de matière grasse avant cuisson, il prend une saveur torréfiée extraordinaire
  • sa texture est tout un poème: entière, la graine est craquante, à la façon des œufs de lompe (ou du caviar?...). Mixée, elle prend une texture soyeuse et veloutée
  • visuellement, le quinoa rappelle de loin la semoule, mais de près on aperçoit un petit germe blanc qui sort de la graine en spirale pendant la cuisson, tandis que la graine devient légèrement translucide, c’est vraiment très joli. De plus, il existe des variétés de quinoa blanches, rouge et noire : de quoi intriguer l’œil de nos bambins.


Faut-il prendre des précautions particulières avec le quinoa pour mon bébé ?

Le quinoa peut être introduit au même moment que les autres féculents : vers 6 à 7 mois.

J’ai lu que certains professionnels recommandent de ne l’introduire que vers 2 ans, et c’est vraisemblablement à cause de sa teneur élevée en saponine (surtout autour de la graine). La saponine n’a guère qu’un seul désavantage : sa saveur amère (eh oui, ce n'est pas pour rien que le quinoa est de la même famille que les épinards). Et si la saponine est toxique, c’est à très fortes doses et seulement pour les êtres vivants à sang froid (poissons, insectes…) : a priori on est donc à l’abri :).

Bref: il suffit de laver le quinoa pour évacuer la majeure partie de la saponine. Et encore: certaines variétés de quinoa (notamment les françaises) en contiennent peu, la différence de goût entre la version lavée et non lavée est donc moins perceptible.

D’ailleurs à propos de «lavage» : pour la petite histoire, la saponine a un pouvoir émulsifiant et détergent (ce n’est sans doute pas un hasard si le mot «saponine» semble avoir « savon» pour racine), c’est sans doute pour cela que ça «mousse» lorsqu’on lave le quinoa.

Et maintenant aux fourneaux !

Un conseil: n’hésitez pas à en cuire en graaaaaande quantité: le quinoa se conserve plusieurs jours au frigo (couvert pour ne pas dessécher) , et on peut même le congeler en doses individuelles (des pots de yaourt en verre par exemple). Il vous suffira donc de sortir un pot la veille au soir et de le laisser tranquillement décongeler au réfrigérateur pour le lendemain.

De plus, le quinoa se prête à de multiples préparations, sucrées et salées : salade, gratin, flan, soufflé, biscuit, galette, barre chocolatée, dessert lacté, paella même! Avec le quinoa, tout est possible !!

On va commencer ici par une version simplissime, salée, mais promis dans quelques jours on revient vous proposer des variantes toujours aussi simples mais plus «waou».

Affaire à suivre !

La recette du Quinoa - Purée :

Ok je vous l’accorde, le nom n’est pas sexy, mais le visuel l’est déjà beaucoup plus, pas vrai ? Ce qui est sympa avec le quinoa-purée, c’est qu’on peut vraiment jouer sur la couleur du légume avec lequel est associée la graine de quinoa.


Pétard ! Je me demande même, à la réflexion, si avec du chou rouge cuit, on ne pourrait pas avoir une version bleue ?? (la couleur violette du chou rouge vire au bleu en milieu basique – donc évitez le jus de citron)

Et puis si ce n’est pas suffisant au niveau des contrastes, mélangez du quinoa blanc, rouge et noir.

Bref a-mu-sez-vous.



Ingrédients:

  • quinoa
  • eau ou bouillon parfumé (non salé, pour bébé)
  • purée du légume de votre choix
  • facultatif: épices ou aromates selon vos envies

Si vous cuisinez pour une famille de 4 et que vous prenez l’option «j’en cuisine d’avance», utilisez 400 g de quinoa.

Le quinoa cuit dans 2 fois son volume d’eau, vous avez donc 2 options:

- vous utilisez un verre et vous mettez 2 fois plus d’eau que de quinoa

- vous pesez le quinoa, et du coup vous appliquez le coefficient 2,4 pour ajouter la bonne quantité d’eau (ex, pour 400 g de quinoa, prévoyez 400 x 2,4 = 960 g d’eau)

 





 

Rédigé le  19 fév. 2016 16:50 dans Diversification alimentaireDiversification alimentaire  -  Lien permanent
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Choux de Bruxelles au lait de coco et au curry




à proposer à partir de 12 mois

(car le chou de Bruxelles fait partie de la famille des légumes crucifères, à forte teneur en soufre et en fibres très fermes : on évite donc de le proposer aux plus jeunes dont les estomacs fragiles s'accommodent mal des ballonnements et flatulences qu'il peut provoquer)



à servir
: le soir avec un féculent (du riz basmati par exemple), ou le midi avec un féculent et un apport en protéine animale




Choisir des choux de Bruxelles compacts, brillants, et bien verts, avec des pétales bien serrés : c'est le signe qu'ils sont frais et donc encore pleins de vitamines (C en particulier). 

Les laver à grande eau (certains les immergent dans de l'eau vinaigrée pour éliminer les éventuels insectes).

A l'aide d'un couteau, retirer la base du pied ainsi que les feuilles extérieures, et inciser le pied en forme de croix afin d'accélérer la cuisson du coeur : la cuisson des choux sera ainsi plus homogène et plus rapide.



Les faire cuire dans un grand volume d'eau bouillante une dizaine de minutes : la pointe du couteau doit pouvoir pénétrer le chou sans rencontrer de forte résistance. Mais inutile de surcuire : les feuilles du chou se déferaient et il perdrait toutes ses vertus nutritionnelles. Mieux vaut garder un peu de mâche, et protéger le visuel : un légume qui se "tient" excite davantage l'appétit.



Pendant ce temps, ciseler une petite échalote et la faire revenir à feu doux dans un petit fond d'huile (colza / olive pour un bon rapport goût / oméga 3), jusqu'à ce qu'elle soit translucide. Ajouter du lait de coco, généreusement, et saupoudrer de curry doux. Faire réduire à petit feu. Les parfums s'exhalent, la couleur jaune s'exprime.



Lorsque les choux sont cuits, les égoutter et les arroser d'eau fraîche, puis les immerger dans de l'eau glacée pour fixer leur couleur verte. Egoutter à nouveau.

Découper en petits quartiers et verser dans le lait de coco au curry qui est encore sur le feu : lorsque les choux sont à nouveau chauds, ils sont prêts à être dégustés !



Rédigé le  3 fév. 2016 19:24 dans Recette  -  Lien permanent
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"Maman, j'adoooore les choux de Bruxelles !" (sic)




La construction du goût est un processus sans fin... Quand je dis et répète autour de moi, en me drapant de mon expertise Nutrition Infantile, ou en citant Nathalie Rigal, ma référence préférée en matière de sociologie de l'alimentation, ou Alexandra Palao-Chaouat, mon amie Diététicienne Nutritionniste ès-néophobie de l'enfant, que les dégoûts alimentaires supposés du jeune enfant sont normaux, ont un fondement rationnel ou sensoriel, mais qu'il ne faut JAMAIS les considérer comme définitifs, je me heurte souvent à du scepticisme. Convaincre les parents de ne jamais renoncer à faire apprécier un jour, un aliment mal aimé, voire violemment rejeté, est probablement un de mes combats préférés.

Titouan m'a à nouveau offert hier l'illustration vivante qu'un enfant qui a depuis son plus jeune âge, eu un rapport de défiance vis-à-vis des ingrédients nouveaux voire un désamour franc et massif pour certains ingrédients en particulier, peut, dans le temps, réviser son jugement, et de lui-même, décider d'ouvrir son répertoire alimentaire et apprendre à aimer de nouveaux aliments.

Les verrous psychologiques à neutraliser sont parfois complexes - j'en veux pour illustration les nombreuses années qu'il m'a fallu avant d'envisager l'éventualité de goûter à des insectes, alors même que toutes les conditions étaient réunies pour que j'accepte l'expérience :

- les occasions de le faire ont été nombreuses au cours des années (c'est le concept clé de l'acceptation par la familiarisation, vue comme l'exposition répétée à un aliment : on finit par accepter quelque chose qui n'est plus nouveau),

- le challenge me séduisait : intellectuellement j'étais ouverte aux expérimentations culinaires, culturellement j'étais disposée à tester la nouveauté

- les gens qui me le proposaient étaient bienveillants et convaincants : si l'on en croit les sociologues de l'alimentation, l'influence de mes pairs aurait pu m'inciter par mimétisme à tenter l'expérience

- la forme dans laquelle lesdits insectes étaient présentés pouvait parfois être foncièrement visuellement appétissante, lorsque par exemple ils m'étaient présentés sous forme de biscuits (à la farine d'insecte) : jouer sur la ressemblance avec un aliment connu et aimé, le biscuit, pour accepter un ingrédient inconnu qui entre dans sa composition, fait partie des techniques de familiarisation sensorielle qui peuvent permettre de surmonter les blocages

Et pourtant ! Il m'aura fallu près de 7 ans entre la 1ère occasion de goûter et ma 1ère expérience (et probablement tout autant pour la prochaine dégustation, ha !).

Ne nous épuisons pas dans des confrontations contre-productives : cherchons plutôt à comprendre et analyser l'angoisse d'incorporation, à décrypter la nature du dégoût exprimé : le dégoût peut être

- sensoriel (je trouve l'ingrédient bon / pas bon en termes de goût),

- cognitif (je m'en fais une représentation mentale et cette représentation me déplaît),

- ou indirect (l'ingestion de l'aliment provoque dans mon corps de réactions indésirables)

Il ne faut pas nier ces dégoûts, mais il faut toujours garder à l'esprit que 99,9% d'entre eux ne sont pas irréversibles, et donc, ... ne jamais se résigner.

Je cite Alexandra Paolo-Chaouat :

"L'enfant dispose d'un bagage héréditaire non négligeable,

qui sera profondément modifié, modulé, élargi

par les apprentissages sociaux et culturels".



A nous de contribuer à ces apprentissages !

Pour cela nous avons besoin : de temps, de bienveillance, d'ingéniosité, et cultiver l'art de créer les conditions d'une familiarisation progressive et positive.

Je vous invite à ne jamais renoncer, toujours y croire, mais ne pas non plus vous mettre (ni lui mettre) trop de pression. Ne jamais forcer quiconque à manger ou à finir, mais toujours inviter à goûter. Les lignes de combat finissent toujours par bouger...

Avec Titouan j'use d'une très efficace technique de manipulation bienveillante (si si les 2 mots peuvent cohabiter !) : "Tu sais mon grand, quand on grandit, on change d'avis - voyons voir un peu si tu as grandi". Et il goûte - parfois en râlant, certes -, mais comme j'ai toujours eu ce discours, et qu'il a pu vérifier par lui-même que cette phrase est vraie, il est d'autant plus enclin à relever le défi : c'est une boucle vertueuse...

Bon sur ce, je vous quitte et retourne à mes combats ordinaires. J'ai un nouveau défi à relever, et non des moindres : amener mon Chéri (l'Homme, pas le fils) à aimer le foie (oui je sais : je vois grand).

44 ans de préjugés et d'images sensorielles négatives à déconstruire subtilement, amoureusement, inexorablement, machiavéliquement... Mais aujourd'hui, je me sens pousser des ailes : j'y arriverai !!

Vous trouverez dans le billet ci-dessous, ma recette magique pour faire aimer les choux de Bruxelles à Titouan : à vous de voir si elle vous tente ou vous inspire !



May 
THE FORCE

be with YOU






Rédigé le  3 fév. 2016 19:13 dans Diversification alimentaireRecette  -  Lien permanent
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Les crêpes à 1000 trous... aux légumes [Mardi-Gras]



A l'approche de Mardi Gras,
on vous propose une recette inspirée des Baghrir,
les fameuses petites crêpes à trous du Maghreb

Réalisées à base de farine de semoule, on les surnomme "les crêpes à 1000 trous", en raison des petits trous qui apparaissent en surface lors de la cuisson.

C'est joli, c'est bon, c'est léger, et ... avec Les Portions Magiques, c'est coloré !
En effet, on a transformé la recette pour y incorporer, ni vu ni connu, des légumes... Vous pourrez ainsi les proposer comme garniture salée.

Les crêpes à 1000 trous qu'on vous propose ont 1000 atouts pour les tout-petits :
  • D'abord, le format : on les cuisine en mini-portions, elles sont petites mais épaisses, ça fait des petites galettes faciles à attraper avec les doigts
  • Ensuite, la composition, avec une liste d'ingrédients très courte qui a chassé 2 des 3 ingrédients allergènes généralement incontournables dans les pâtes à crêpes : pas de lait, pas d'oeuf, hop ! Il ne reste que le gluten de la semoule de blé... que les intolérants pourront remplacer par de la semoule fine de riz si besoin !
  • Enfin, l'aspect : criblée de petits trous, les crêpes à mille trous vont intriguer votre enfant, qui va essayer d'y mettre les doigts. Hé hé : c'est le moment de lui apprendre un nouveau mot : "trou - trou" !!

Et comme ces crêpes comportent la juste dose de légume, et la juste dose de féculent, on a là une garniture complète parfaitement équilibrée.
N'hésitez pas à faire fondre une lichette de beurre sur la surface au moment de servir, ou à inviter votre petit à tremper sa crêpe dans un dip de fromage blanc    aromatisé, pour compléter les apports en matière grasse et/ou calcium.

Vous pouvez proposer ces crêpes à partir de 12 mois, ou un peu plus tôt si votre enfant est déjà à l'aise avec les textures solides à croquer (même sans dents). Ces crêpes peuvent être servies en garniture au déjeuner, ou faire office de plat complet pour le soir.
Evidemment c'est une gourmandise que toute la famille pourra partager sans modération...

On s'y met ?


Ustensiles :
- Blender
- poêle anti-adhésive
- louche


Durée :
10 min pour faire la pâte, 1h de repos, 10 à 15 minutes pour la cuisson
2 minutes pour le dip !


Ingrédients :
(pour environ 4 rations, soit 30 à 40 petites galettes)

- 125 g de semoule de blé fine
- 250 g d'eau tiède
- 4 g de levure fraîche de boulanger
- 3 g de levure chimique
- 1 g de sel (env. 1/3 de c.à.café)
- 115 g de purée de légume (au choix)
Ici nous avons opté pour 3 purées aux couleurs tranchées : purées de maïs, de betterave, et d'épinard.
Nota bene : vous pouvez multiplier les quantités et congeler la pâte à cru pour un usage ultérieur.


Pour le dip :
- 2 généreuses cuillères à soupe de fromage blanc
- facultatif et pas avant 12 mois : 1/2  c. à café d'échalote finement ciselée 
- au choix : 1 pointe de couteau de cumin ou d'estragon ou de coriandre ou toute autre épice ou aromate
- 1 c. à café d'un mix d'huiles Colza / Olive
ou : optez tout simplement pour une huile spéciale Bébé de type "Quintesens" qui comporte d'emblée le mix idéal de nutriments pour bébé grâce à une composition étudiée en colza, tournesol, chanvre, lin, DHA et tournesol oléique

Mélanger le tout et servir en accompagnement.


Réalisation :

Mettre tous les ingrédients dans un blender et mixer pendant 3 à 5 minutes, en entrecoupant de repos de 10 secondes si le moteur chauffe...
Important : l'eau doit être tiède pour "activer" la levure. Et le mixage doit être long pour libérer le pouvoir liant de l'amidon. C'est parti !

Retirer le couvercle du blender, recouvrir d'un linge, et laisser reposer une heure : le mélange va gonfler légèrement.

Ré-homogénéiser avant de cuire, de quelques coups de louche.

Verser de petites quantités dans une poêle anti-adhésive (pas besoin de matière grasse) pour former des galettes de 5 à 7 cm de diamètre.
Cuire à feu moyen : très vite, des petites bulles vont apparaître à la surface, éclater et s'assécher progressivement. Les crêpes sont cuites lorsque la surface est sèche, en une minute maximum. Pas besoin de retourner !

A consommer de suite, ou : étaler sur un linge et éviter de superposer les galettes avant qu'elles n'aient refroidi, pour qu'elles n'adhèrent pas les unes aux autres.


Bon appétit les petits
(et les grands aussi, on vous a bien repérés les gourmands !)

Rédigé le  3 fév. 2016 17:20 dans Recette  -  Lien permanent
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