Recette

Choux de Bruxelles au lait de coco et au curry




à proposer à partir de 12 mois

(car le chou de Bruxelles fait partie de la famille des légumes crucifères, à forte teneur en soufre et en fibres très fermes : on évite donc de le proposer aux plus jeunes dont les estomacs fragiles s'accommodent mal des ballonnements et flatulences qu'il peut provoquer)



à servir
: le soir avec un féculent (du riz basmati par exemple), ou le midi avec un féculent et un apport en protéine animale




Choisir des choux de Bruxelles compacts, brillants, et bien verts, avec des pétales bien serrés : c'est le signe qu'ils sont frais et donc encore pleins de vitamines (C en particulier). 

Les laver à grande eau (certains les immergent dans de l'eau vinaigrée pour éliminer les éventuels insectes).

A l'aide d'un couteau, retirer la base du pied ainsi que les feuilles extérieures, et inciser le pied en forme de croix afin d'accélérer la cuisson du coeur : la cuisson des choux sera ainsi plus homogène et plus rapide.



Les faire cuire dans un grand volume d'eau bouillante une dizaine de minutes : la pointe du couteau doit pouvoir pénétrer le chou sans rencontrer de forte résistance. Mais inutile de surcuire : les feuilles du chou se déferaient et il perdrait toutes ses vertus nutritionnelles. Mieux vaut garder un peu de mâche, et protéger le visuel : un légume qui se "tient" excite davantage l'appétit.



Pendant ce temps, ciseler une petite échalote et la faire revenir à feu doux dans un petit fond d'huile (colza / olive pour un bon rapport goût / oméga 3), jusqu'à ce qu'elle soit translucide. Ajouter du lait de coco, généreusement, et saupoudrer de curry doux. Faire réduire à petit feu. Les parfums s'exhalent, la couleur jaune s'exprime.



Lorsque les choux sont cuits, les égoutter et les arroser d'eau fraîche, puis les immerger dans de l'eau glacée pour fixer leur couleur verte. Egoutter à nouveau.

Découper en petits quartiers et verser dans le lait de coco au curry qui est encore sur le feu : lorsque les choux sont à nouveau chauds, ils sont prêts à être dégustés !



Rédigé le  3 fév. 2016 19:24 dans Recette  -  Lien permanent
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"Maman, j'adoooore les choux de Bruxelles !" (sic)




La construction du goût est un processus sans fin... Quand je dis et répète autour de moi, en me drapant de mon expertise Nutrition Infantile, ou en citant Nathalie Rigal, ma référence préférée en matière de sociologie de l'alimentation, ou Alexandra Palao-Chaouat, mon amie Diététicienne Nutritionniste ès-néophobie de l'enfant, que les dégoûts alimentaires supposés du jeune enfant sont normaux, ont un fondement rationnel ou sensoriel, mais qu'il ne faut JAMAIS les considérer comme définitifs, je me heurte souvent à du scepticisme. Convaincre les parents de ne jamais renoncer à faire apprécier un jour, un aliment mal aimé, voire violemment rejeté, est probablement un de mes combats préférés.

Titouan m'a à nouveau offert hier l'illustration vivante qu'un enfant qui a depuis son plus jeune âge, eu un rapport de défiance vis-à-vis des ingrédients nouveaux voire un désamour franc et massif pour certains ingrédients en particulier, peut, dans le temps, réviser son jugement, et de lui-même, décider d'ouvrir son répertoire alimentaire et apprendre à aimer de nouveaux aliments.

Les verrous psychologiques à neutraliser sont parfois complexes - j'en veux pour illustration les nombreuses années qu'il m'a fallu avant d'envisager l'éventualité de goûter à des insectes, alors même que toutes les conditions étaient réunies pour que j'accepte l'expérience :

- les occasions de le faire ont été nombreuses au cours des années (c'est le concept clé de l'acceptation par la familiarisation, vue comme l'exposition répétée à un aliment : on finit par accepter quelque chose qui n'est plus nouveau),

- le challenge me séduisait : intellectuellement j'étais ouverte aux expérimentations culinaires, culturellement j'étais disposée à tester la nouveauté

- les gens qui me le proposaient étaient bienveillants et convaincants : si l'on en croit les sociologues de l'alimentation, l'influence de mes pairs aurait pu m'inciter par mimétisme à tenter l'expérience

- la forme dans laquelle lesdits insectes étaient présentés pouvait parfois être foncièrement visuellement appétissante, lorsque par exemple ils m'étaient présentés sous forme de biscuits (à la farine d'insecte) : jouer sur la ressemblance avec un aliment connu et aimé, le biscuit, pour accepter un ingrédient inconnu qui entre dans sa composition, fait partie des techniques de familiarisation sensorielle qui peuvent permettre de surmonter les blocages

Et pourtant ! Il m'aura fallu près de 7 ans entre la 1ère occasion de goûter et ma 1ère expérience (et probablement tout autant pour la prochaine dégustation, ha !).

Ne nous épuisons pas dans des confrontations contre-productives : cherchons plutôt à comprendre et analyser l'angoisse d'incorporation, à décrypter la nature du dégoût exprimé : le dégoût peut être

- sensoriel (je trouve l'ingrédient bon / pas bon en termes de goût),

- cognitif (je m'en fais une représentation mentale et cette représentation me déplaît),

- ou indirect (l'ingestion de l'aliment provoque dans mon corps de réactions indésirables)

Il ne faut pas nier ces dégoûts, mais il faut toujours garder à l'esprit que 99,9% d'entre eux ne sont pas irréversibles, et donc, ... ne jamais se résigner.

Je cite Alexandra Paolo-Chaouat :

"L'enfant dispose d'un bagage héréditaire non négligeable,

qui sera profondément modifié, modulé, élargi

par les apprentissages sociaux et culturels".



A nous de contribuer à ces apprentissages !

Pour cela nous avons besoin : de temps, de bienveillance, d'ingéniosité, et cultiver l'art de créer les conditions d'une familiarisation progressive et positive.

Je vous invite à ne jamais renoncer, toujours y croire, mais ne pas non plus vous mettre (ni lui mettre) trop de pression. Ne jamais forcer quiconque à manger ou à finir, mais toujours inviter à goûter. Les lignes de combat finissent toujours par bouger...

Avec Titouan j'use d'une très efficace technique de manipulation bienveillante (si si les 2 mots peuvent cohabiter !) : "Tu sais mon grand, quand on grandit, on change d'avis - voyons voir un peu si tu as grandi". Et il goûte - parfois en râlant, certes -, mais comme j'ai toujours eu ce discours, et qu'il a pu vérifier par lui-même que cette phrase est vraie, il est d'autant plus enclin à relever le défi : c'est une boucle vertueuse...

Bon sur ce, je vous quitte et retourne à mes combats ordinaires. J'ai un nouveau défi à relever, et non des moindres : amener mon Chéri (l'Homme, pas le fils) à aimer le foie (oui je sais : je vois grand).

44 ans de préjugés et d'images sensorielles négatives à déconstruire subtilement, amoureusement, inexorablement, machiavéliquement... Mais aujourd'hui, je me sens pousser des ailes : j'y arriverai !!

Vous trouverez dans le billet ci-dessous, ma recette magique pour faire aimer les choux de Bruxelles à Titouan : à vous de voir si elle vous tente ou vous inspire !



May 
THE FORCE

be with YOU






Rédigé le  3 fév. 2016 19:13 dans Diversification alimentaireRecette  -  Lien permanent
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Les crêpes à 1000 trous... aux légumes [Mardi-Gras]



A l'approche de Mardi Gras,
on vous propose une recette inspirée des Baghrir,
les fameuses petites crêpes à trous du Maghreb

Réalisées à base de farine de semoule, on les surnomme "les crêpes à 1000 trous", en raison des petits trous qui apparaissent en surface lors de la cuisson.

C'est joli, c'est bon, c'est léger, et ... avec Les Portions Magiques, c'est coloré !
En effet, on a transformé la recette pour y incorporer, ni vu ni connu, des légumes... Vous pourrez ainsi les proposer comme garniture salée.

Les crêpes à 1000 trous qu'on vous propose ont 1000 atouts pour les tout-petits :
  • D'abord, le format : on les cuisine en mini-portions, elles sont petites mais épaisses, ça fait des petites galettes faciles à attraper avec les doigts
  • Ensuite, la composition, avec une liste d'ingrédients très courte qui a chassé 2 des 3 ingrédients allergènes généralement incontournables dans les pâtes à crêpes : pas de lait, pas d'oeuf, hop ! Il ne reste que le gluten de la semoule de blé... que les intolérants pourront remplacer par de la semoule fine de riz si besoin !
  • Enfin, l'aspect : criblée de petits trous, les crêpes à mille trous vont intriguer votre enfant, qui va essayer d'y mettre les doigts. Hé hé : c'est le moment de lui apprendre un nouveau mot : "trou - trou" !!

Et comme ces crêpes comportent la juste dose de légume, et la juste dose de féculent, on a là une garniture complète parfaitement équilibrée.
N'hésitez pas à faire fondre une lichette de beurre sur la surface au moment de servir, ou à inviter votre petit à tremper sa crêpe dans un dip de fromage blanc    aromatisé, pour compléter les apports en matière grasse et/ou calcium.

Vous pouvez proposer ces crêpes à partir de 12 mois, ou un peu plus tôt si votre enfant est déjà à l'aise avec les textures solides à croquer (même sans dents). Ces crêpes peuvent être servies en garniture au déjeuner, ou faire office de plat complet pour le soir.
Evidemment c'est une gourmandise que toute la famille pourra partager sans modération...

On s'y met ?


Ustensiles :
- Blender
- poêle anti-adhésive
- louche


Durée :
10 min pour faire la pâte, 1h de repos, 10 à 15 minutes pour la cuisson
2 minutes pour le dip !


Ingrédients :
(pour environ 4 rations, soit 30 à 40 petites galettes)

- 125 g de semoule de blé fine
- 250 g d'eau tiède
- 4 g de levure fraîche de boulanger
- 3 g de levure chimique
- 1 g de sel (env. 1/3 de c.à.café)
- 115 g de purée de légume (au choix)
Ici nous avons opté pour 3 purées aux couleurs tranchées : purées de maïs, de betterave, et d'épinard.
Nota bene : vous pouvez multiplier les quantités et congeler la pâte à cru pour un usage ultérieur.


Pour le dip :
- 2 généreuses cuillères à soupe de fromage blanc
- facultatif et pas avant 12 mois : 1/2  c. à café d'échalote finement ciselée 
- au choix : 1 pointe de couteau de cumin ou d'estragon ou de coriandre ou toute autre épice ou aromate
- 1 c. à café d'un mix d'huiles Colza / Olive
ou : optez tout simplement pour une huile spéciale Bébé de type "Quintesens" qui comporte d'emblée le mix idéal de nutriments pour bébé grâce à une composition étudiée en colza, tournesol, chanvre, lin, DHA et tournesol oléique

Mélanger le tout et servir en accompagnement.


Réalisation :

Mettre tous les ingrédients dans un blender et mixer pendant 3 à 5 minutes, en entrecoupant de repos de 10 secondes si le moteur chauffe...
Important : l'eau doit être tiède pour "activer" la levure. Et le mixage doit être long pour libérer le pouvoir liant de l'amidon. C'est parti !

Retirer le couvercle du blender, recouvrir d'un linge, et laisser reposer une heure : le mélange va gonfler légèrement.

Ré-homogénéiser avant de cuire, de quelques coups de louche.

Verser de petites quantités dans une poêle anti-adhésive (pas besoin de matière grasse) pour former des galettes de 5 à 7 cm de diamètre.
Cuire à feu moyen : très vite, des petites bulles vont apparaître à la surface, éclater et s'assécher progressivement. Les crêpes sont cuites lorsque la surface est sèche, en une minute maximum. Pas besoin de retourner !

A consommer de suite, ou : étaler sur un linge et éviter de superposer les galettes avant qu'elles n'aient refroidi, pour qu'elles n'adhèrent pas les unes aux autres.


Bon appétit les petits
(et les grands aussi, on vous a bien repérés les gourmands !)

Rédigé le  3 fév. 2016 17:20 dans Recette  -  Lien permanent
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